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Bonjour…ici Casablanca “Day 2”

Il est exactement minuit, je me retrouve encore à la fenêtre, je l’attends. j’entends presque les pleurs de la vieille Cohen, rejetée par ses proches à la maison de retraite des juifs.
Le temps qu’il fait me donne l’impression de vieillir en l’attendant, lui qui doit certainement être entrain de boire à la santé d’une autre à ce moment même.
C’est encore l’effet Casanegra, la nuit offre à nos amoureux plus de délices que le jour.
J’écoute “mon ami la rose” et je retiens mes larmes, je m’arrête sur la partie où elle dit ” pourtant j’étais très belle, oui j’étais la plus belle” et je pleure comme pour m’embellir.
L’attendre est devenue une tâche très déprimante, parce que à chaque fois qu’il est pas là, je pense à le quitter, et je pense également à ce qu’il a fait de moi; une voyageuse qui attend un train qui ne viendra jamais.
Les chansons se défilent sur mon téléphone, je deviens de plus en plus impatiente, je prie pour qu’il arrive..mais en vain!
C’est décidé, je vais l’attendre pour mettre fin à cette relation, de toute façon il est trop indifférent pour moi, je vais l’attendre pour lui dire que je vais rire de lui le jour où je vais le voir rejeté par les tables des amoureux, le jour où je vais apprendre que plus personne ne rit de ses blagues, le jour où il va me conjurer pour lui pardonner, le jour où je vais voir ses yeux somnoler à midi parce qu’il m’attendait toute la nuit, le jour où il va simplement me chercher.
La porte de ma chambre s’ouvre…je cours je me jette dans ses bras, je lui dis combien je l’aime, je lui dis aussi que je pardonne ses sottises, et que j’adore ses pires défauts.
Il reste indifférent, il ne comprend pas ce qui se passe, il ne sait rien mais la fenêtre sait tout, j’éteins la lumière…et j’entends une voix qui me dit ” Bienvenu au club des déprimés, le moindre détail nous rappelle quelque chose, on rit de tout et de rien, on perd le fil conducteur en parlant, on a les larmes aux bouts des yeux, on a l’air pensif, et certains d’entre nous sont d’une sensibilité énorme”
Bousnina Imane

Bonjour…ici Casablanca

Encore une fois je me réveille en sursaut…il est 4h du matin, le ciel pleure ma patience, et les nuages me murmurent ” mets-toi à la fenêtre, peut-être bien qu’il arrive”
J’ai attrapé tous les coups de blues devant cette fenêtre qui donnait vue sur un parking, c’est là ou j’apercevais les couples les plus désespérés, et les deux chats vagabonds.
C’est à Casablanca ou j’ai appris à patienter, à savourer la solitude, et à adjurer la sérénité.
J’attendais des heures son arrivé, seule-à-seule, j’investissais toute ma foi dans un petit livre du Dalai Lama qui semblait m’apprendre Le Bouddhisme..Je le lisais comme pour me droguer ou peut-être pour laisser flâner mon âme.
Ces soirs orageux suscitaient en moi une forte envie de fumer, de boire, de manger mais surtout de dormir..
Une seule question me hantait..” va-t-il arriver ? ” … Et plus cette question se répétait plus j’éteignais des cigarettes dans les nombreux verres de ma chambre..Et pourtant il venait pas.
Mon sommeil dépendait de la lumière de ma chambre qui refusait avec insistance de s’allumer…C’est l’effet CASANEGRA, la nuit cajole généralement les êtres qui manquent à quelqu’un.
je regarde tout ce qui se passe autour de moi, Casablanca qui se prostitue luxueusement et qui serre très fort de belles demoiselles, et moi dans mon coin je m’en fou, je reste aussi égoïste que Casablanca, et je pense à autre chose, à lui qui reste aussi froid que mon voisin tout vieux qui dort doucement à la maison de retraite des juifs
Je finissais par me donner à mon sommeil…Et une question me réveillais le matin ” Quelle heure est-t-il? “.
Mon café se noircissait tous les jours un peu plus, et me mener à allumer ma cigarette magique, pour l’écraser par terre…
Bonjour, Ici Casablanca
Imane Bousnina