L’amour au delà des frontières. Part 4

L’embrassade dura une éternité, je respirai sa fougue et expirai ma soif d’amour. La braise disparaissait sous l’effet de nos sueurs, laissant place à une satisfaction des plus surprenantes. L’acte exprimait une fusion de deux âmes déchirées mais pleines d’espoir, celui auquel on s’accrochait pour nous prouver qu’on était encore vivant.
C’était comme si on l’avait toujours fait, son assurance et ma soumission nous avait conduit à un plaisir suprême. Notre première fois mais pas la moindre.
Je me souviens de la pantomime des cœurs, de ses mots avenants et très aphrodisiaques qui me réanimaient quand je me fourvoyais entre rêve et réalité. J’avais besoin qu’on me pince, qu’on me gifle, qu’on me dise que c’était vrai pour que j’arrête enfin d’halluciner et que je me concentre sur plaisir qui était en train de m’emmener dans les hautes mers et vraiment, vraiment, je n’avais pas envie d’accoster.
Des câlins s’en suivaient, des baisers presque timides s’emballaient et l’envie d’un petit moment de sommeil m’appelait au rai secousse.
D’un geste aussi brusque que son habituelle démarche, il se leva pour aller se laver des résidus de ce moment impudique qui nous avaient réuni. Après cinq minutes de répit, le temps de retrouver mes esprits, je m’engageai dans l’allée pour profiter de la salle de bain.

Ce soir-là, je voulais me faire belle, le peu de moyens que j’avais ne me laissait pas grand choix suite à ma valise improvisée à la dernière minute et surtout que j’apprivoisais la sélection d’une tenue séduisante compte tenu des recommandations de mes amis et le us du pays qui m’accueillait. Je me contentai alors d’une robe noire aux manches longs, côtoyant mes genoux et au décolleté poltron. Des collants transparents noirs et des escarpins presque sexy. J’avais quand même pris le soin de lui demander son avis, je tenais à savoir si ma tenue était correcte par rapport à l’endroit où on allait manger, si ce n’était pas « dévergondé». A vrai dire, je me hâtais d’entendre un compliment, aussi chétif soit-il. Hélas ! Je n’ai pas eu de réponse dans ce sens. Cependant, il prit le soin de me rassurer que l’ensemble passait bien.
La route nous menait vers une montagne, un trajet agréable qui m’a offert de belles photos me mettant de plus en plus in love pour cette ville qui me charmait derechef. La beauté prodigieuse du paysage me comblait plus que jamais, j’en tombais dugazon.
J’avais l’impression d’être dans un rêve, tout était parfait. Les lumières étaient telles les guirlandes d’une fête foraine, on aurait dit qu’elles bougeaient annonçant la fête. Elles dansaient sous un rythme érotique en frôlant de près les vagues indécises du port. La ville était rayonnante et généreuse, elle allouait le nirvana à celui qui voulait l’atteindre.
La vue couvrait le port de la bastide, une petite partie, mais on aurait dit que c’était aussi grandiose que toute la côte atlantique. Elle était élégante telle une marocaine à son mariage, parfaite.
Le chemin nous mena à un restaurant perché sur le haut de la montagne, très fastidieux à première vue, mais l’intérieur marquait tout à fait le contraire. Le décorateur s’était imprégné du blanc et noir pour faire de ce milieu, une rencontre épurée entre des meubles contemporains et un choix de couleur fondant les clients dans une peinture discrète et festive.
L’équipe nous prit en charge dès notre arrivée, se montra très accueillante et nous offrit un service irréprochable. Une discussion s’était déclenchée entre mon Maghrébin et les serveurs, me laissant comprendre qu’ils se connaissaient ce qui nous avait donné droit à des attentions supplémentaires.
Je me rendis compte que je comprenais leurs mots, avec difficulté certes, mais j’avais saisi le contexte pourtant ils se parlaient avec ce dialecte qui rendait mon mec si fier, il tenait à ses origines à tel point qu’il lui arrivait de s’amuser à dire qu’il n’était pas ARABE. Il avait cette manière de prononcer les lettres comme il se devait, de laisser s’exprimer tous ses sens pour faire parvenir un message, c’est ce don qu’on a à pouvoir tout expliquer sans en dire trop.
Nous commandâmes à boire avant d’ânonner le menu, un plat simple sans entrée fit l’unanimité comme si la faim d’une discussion étouffait celle du ventre. Les histoires se fréquentaient, se pistaient et se talonnaient chassant avec opiniâtreté la lassitude. Le retour vers le passé se prononça, car la science du passé est le meilleur usage de l’avenir Christine de Suède. Maximes et pensées 1682.
Je découvrais un autre homme, aimant mais abattu, dévoué mais déçu, romantique mais délaissé… Ses expériences l’avaient amoché, il en restait fort grâce à son acharnement au travail et aux liens profonds et très puissants qu’il entretenait avec ses enfants. Toutefois, la présence féminine faussait compagnie à son cœur pourtant il avait tout pour être dans celui des femmes.
Je plaignais cette gente qui avait corrompu la vie de mon LOULOU. Au fin fond de moi, je retrouvais de la haine pour elle, elle avait fait du mal à mon chéri, plutôt mon futur chéri, j’avais presque envie de meurtre.
Un épisode me marqua, celui où il me parlait de celle qui avait réussi à s’emparer de lui corps et âme, ce coup de foudre qu’il a eu pour cette personne, celle qui la rendu heureux et comblé rien qu’en racontant leur histoire. Je lui cédais toute mon attention, je voulais tout savoir mais à un moment, la nostalgie se met à la une, me rappelant ma fameuse expérience amoureuse, celle où j’avais enfin compris ce que voulait dire « vivre pour quelqu’un ». Je me retrouvais dans son récit comme une image atterrissait sur un miroir. Chaque mot, chaque description, chaque soupire faisait surgir l’envie de replonger dans les bras du passé. Etait-ce le besoin d’amour ou l’éclipse de mon ex-chéri qui me rendait aussi triste ?
La dévouée à suivre…

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