L’amour au delà des frontières. Part 5

Je ne me rappelle toujours pas comment j’avais interrompu sa narration pour lui parler de mon révolu presque similaire au sien, de l’autre homme qui avait tant ému mon cœur, celui qui m’avait expliqué ce que c’était la vie, le dévouement, l’existence à deux. Cet être rencontré à une mauvaise phase et qui a su faire renaitre l’espoir. Celui qui m’avait convaincu de me laisser bercer par la douceur de l’amour et danser sur l’ère de la joie du partage. Oui, j’étais encore amoureuse et je le disais clairement à cette personne assise devant moi, celle qui me captivais et que j’étais censée intéresser. Mon prétendant n’en fut pas froissé car lui-même était pareil, toujours sous l’étoile de sa chérie éternelle.
Déjà servi ! Je voulais encore l’entendre et converser avec lui, le sujet me tenait à cœur. Les plats étaient succulents mais je me lassais déjà à attendre la suite, ce qui ne tarda pas à arriver. L’envie de parler nous avait conquis et dire que c’était discourtois de parler la bouche pleine ne nous empêchait pas de poursuivre le débat. Les « moi aussi », « elle aussi » et « lui aussi » se continuaient dans le temps et dans l’espace accordé à ce chapitre de nos biographies.
Je ne réalisais plus où j’étais, je reconnaissais juste cet homme, ce confident en face de qui j’étais entrain de déballer mes sentiments, je me mettais vraiment à nue sans avoir peur d’être jugée car je le savais intègre, impartial.
Au début du repas, je désirais lui prendre la main, la toucher ou même l’effleurer mais le fait de parler de mon chagrin d’amour avait promu cette envie au garde d’un besoin d’être dans ses bras et donner naissance à un torrent de larmes. Malheureusement, je n’ai pas pu repaître mon dénuement ni retenir mes sanglots, une goute atterrit délicatement sur ma joue annonçant la tempête qui pouvait s’en suivre. Heureusement, j’ai pu me cramponner.
Trois petites heures s’étaient écroulées, on n’avait pas vu le temps passer, on était dépossédé et c’était plutôt bon signe. Nous reprenions nos esprits et quittions le restaurant. LOULOU me proposa un tour pour voir la fameuse ville BY NIGHT.
Notre périple était solennel, splendide, riche et enrichissant. Je découvrais l’histoire de ce pays en son et en image, j’apprenais le militantisme de ce peuple qui a tant souffert de l’expansionnisme. Mon homme était bon narrateur, il me faisait voyager avec son récit, je me voyais avec les MILITANTS, j’entendais presque leurs pas courants sur les marches de la Kasbah, se faufilant entre les petites rues, j’imaginais leur bravoure et leur hâte de gloire. Ce quartier représentait la grande maison de la grand-mère, où tout le monde allait y trouver refuge, s’y sentir en sécurité, retrouver la chaleur et la tendresse du foyer familial.
D’après ses dires, les colons n’arrivaient jamais à se retrouver ni à retrouver leurs fugitifs. Normal ! C’était un labyrinthe, les rues étaient magnifiquement étroites, les marches tracées à la va-vite assuraient la signature de cet hameau. La nuit tombée, on pouvait y passer sans risque de croiser les pèlerins qui venaient faire le tour du marché improvisé. Les murs ont su garder leur splendeur même avec leur teint dégradé par le vécu, ils restaient hautins de leur histoire.
J’avais l’impression de retourner dans l’air des temps, LOULOU se souciait de me faire part du moindre détail de son savoir en histoire, il se hâtait de me faire rêver, comme si je ne rêvassais pas assez.

A suivre….
La dévouée

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