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Le monde comme il va, vision d’une candide

 

Vivant sur Paris, je suis complètement chamboulée par ce qui s’y passe. Horreur, carnage, tumulte, ânerie mais surtout candeur et méconnaissance des causes. Je me posais plein de questions, des pourquoi(s) auxquelles je n’ai toujours pas trouvé de réponses. Et soudainement j’ai songé à un Livre de Voltaire, ou il avait parlé de ce qui se passe actuellement des siècles avant. Ah quel vision avait ce voltaire. Je partage avec vous un extrait de ce livre, « le monde comme il va, vision de Babouc ». Dans ce livre voltaire relata un sujet qui est toujours d’une pertinence sans pareille. Il parla de la guerre et des causes qui la déclenchèrent. Le principal personnage de son livre qui est Babouc partit à la recherche de la vérité, à la recherche du sujet de la guerre entre les indiens et les perses. «  Babouc monta sur son chameau et partit avec ses serviteurs. Au bout de quelques journées, il rencontra vers les plaines de Sennaar l’armée persane, qui allait combattre l’armée indienne. Il s’adressa d’abord à un soldat qu’il trouva écarté. Il lui parla, et lui demanda quel était le sujet de la guerre. « Par tous les dieux, dit le soldat, je n’en sais rien ; ce n’est pas mon affaire : mon métier est de tuer et d’être tué pour gagner ma vie ; il n’importe qui je serve. Je pourrais bien même dès demain passer dans le camp des Indiens, car on dit qu’ils donnent près d’une demi-drachme de cuivre par jour à leurs soldats de plus que nous n’en n’avons dans ce maudit service de Perse. Si vous voulez savoir pourquoi on se bat, parlez à mon capitaine. »
Babouc, ayant fait un petit présent au soldat, entra dans le camp. Il fit bientôt connaissance avec le capitaine, et lui demanda le sujet de la guerre. « Comment voulez-vous que je le sache ? dit le capitaine, et que m’importe ce beau sujet ? J’habite à deux cents lieues de Persépolis ; j’entends dire que la guerre est déclarée ; j’abandonne aussitôt ma famille, et je vais chercher, selon notre coutume, la fortune ou la mort, attendu que je n’ai rien à faire. — Mais vos camarades, dit Babouc, ne sont-ils pas un peu plus instruits que vous ? — Non, dit l’officier, il n’y a guère que nos principaux satrapes qui savent bien précisément pourquoi on s’égorge. »

Babouc étonné s’introduisit chez les généraux ; il entra dans leur familiarité. L’un d’eux lui dit enfin : « La cause de cette guerre, qui désole depuis vingt ans l’Asie, vient originairement d’une querelle entre un eunuque d’une femme du grand roi de Perse et un commis du bureau du grand roi des Indes. Il s’agissait d’un droit qui revenait à peu près à la trentième partie d’une darique. Le premier ministre des Indes et le nôtre soutinrent dignement les droits de leurs maîtres. La querelle s’échauffa. On mit de part et d’autre en campagne une armée d’un million de soldats. Il faut recruter cette armée tous les ans de plus de quatre cent mille hommes. Les meurtres, les incendies, les ruines, les dévastations se multiplient ; l’univers souffre, et l’acharnement continue.

Un assez long extrait mais qui en dit très long sur ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui. Sur plus de trois siècles il me parait que la vision n’a pas trop changé. On s’entretue et Dieu sait pourquoi. Ce qui a changé c’est le fait de s’engager dans cette guerre avec ou en dehors de sa volonté. Les soldats d’autrefois ne savaient peut être pas pourquoi ils s’entretuaient, pourquoi ils se battaient mais c’était leur unique et seul moyen de gagner leur vie. Aujourd’hui les guerres que nous vivons, dont on ignore complétement le sujet, n’engagent malheursement que NOUS, civiles non-armés, ne gagnant rien de la guerre mais perdant vie et tranquillité. C’est chamboulant, assourdissant et affreux de voir des vies perdues sans raison. Des gens qui n’ont rien fait du mal au monde, qui s’éloignaient de l’obscurité qui régnait partout et ne voulaient que qu’extraire des moments de joie, se trouvent tués avec un sang-froid.

Ce qui s’est passé à Paris ce vendredi noir et sanglant illustre à quel point nous n’avons pas de valeur, que nous sommes de la pacotille, que nous sommes que des marionnettes entre les mains des présidents, des généraux et des Khalifes. Le sang de tant d’hommes a été versé pour l’intérêt de je ne sais qui. Pourtant, et il fait l’avouer, qu’on n’a pas de choix, que celui de subir un sort sinistre et ténébreux ; D’accepter cette nouvelle forme d’esclavage. Celle d’être libre de choisir quoi manger, quoi mettre, avec se marier mais de servir docilement les intérêts de tes supérieurs.

Chercher des réponses à ses pourquoi(s) philosophiques semble pour l’instant comme pédaler dans la semoule. Néanmoins, il s’avère très opportun de critiquer la solidarité qui a surgit soudainement. Cette solidarité quoique gratuite, mais au moins manifeste. Ce qui n’est pas le cas tous les jours avec le reste du monde. La solidarité fondée normalement sur des valeurs humaines semble devenir sélective et élitiste. Semble-t-il que certains ont plus de valeur que d’autres. Que certaines vies méritent d’être regrettées et pleurées à chaudes larmes. Et que d’autres vies méritent autant de désintéressement que de compassion et de commisération. Aujourd’hui de Paris, Je témoigne toute la sympathie et les condoléances aux familles des victimes et je pleure leurs défunts.

Nonobstant cette situation cauchemardesque, l’hypocrisie internationale témoignée lors de ses attentats, est à déplorer. Tous les humains sans égaux et toutes les âmes sont à regretter. Je ne prie pas pour Paris mais pour la paix dans le monde entier.

Ce message a été écrit rapidement et il est probablement pas très soigné, mais écrit du fond de cœur, d’une âme qui aurait sombré dans ses endroits.

Prière pour la paix dans le monde.

Sara Bahafid12038212_1058520050824801_7458444364333695835_n

Sara BAHAFID, 25 ans. Doctorante à l’Ecole National Des Ponts et Chaussées à Paris. Faire entendre ce que je pense c’est comme respirer pour moi et l’Ecriture m’est le moyen le plus sur et simple de respirer.

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