Ma lettre au Père Noël

Je vous propose d’inaugurer cette nouvelle rubrique par des vœux sincères pour les derniers jours de 2013, pour l’année 2014 et toutes celles qui vont suivre (ou pas, je n’ai pas vérifié sur mon calendrier Maya).
Tout d’abord, j’espère que rien ne m’empêchera d’être fidèle à notre rendez-vous hebdomadaire parce que j’aime faire la causette, j’aime le mot pour commencer, causette, causerie, ça a un côté convivial, sans prétention et qui invite au partage, je compte d’ailleurs sur vous pour réagir à mes bavardages, échanger vos avis avec moi, me proposer des sujets de discussion. Pourquoi le mardi ? J’ai choisi de vous envoyer mes petits billets doux et moins doux ce jour-ci parce que les mardis en général je suis d’excellente humeur, les mardis et les jeudis, c’est ainsi, mais puisqu’il faut choisir, va pour le mardi, on ne sait jamais de quoi l’approche du week-end sera faite. Et puis surtout, je m’efforcerai d’être fidèle parce que j’aime les rendez-vous, je trouve que ça a un charme fou de se donner rendez-vous et d’arriver telle une jeune fiancée, le cœur tout palpitant et le feu aux joues. Voilà pour mes bonnes intentions.
Mon deuxième vœu de petite fifille c’est de nous souhaiter à toutes et à tous d’y voir un peu plus clair dans le magma schizophrénique dans lequel baignent nos relations amoureuses. Non mais c’est vrai quoi! On ne sait plus qui est qui, qui fait quoi, qui veut quoi, ça part un peu en vrille je trouve. D’un côté, ces chers compatriotes qui sont ravis d’avoir à leurs bras une partenaire moderne, émancipée, qui présente bien, à la fois physiquement et intellectuellement, qu’ils disent considérer comme leur égale pour tout un tas de choses, par exemple partager les dépenses du couple mais qui froncent les sourcils dès qu’elle défend des positions différentes, tient à garder ses potes, passe trop de temps au bureau. De l’autre côté de la force, ces chères marocaines qui ne savent plus de quel homme rêver, entre le compagnon de la vie de tous les jours avec qui elles sont prêtes à tout partager, galères incluses et le preux chevalier des fantasmes maternels qu’elles ne verront jamais en 3D mais qu’elles continuent d’attendre, en naviguant comme elles peuvent en eaux troubles. La confusion vient à mon avis du fait que les hommes ont tendance à jouer de ce bon vieux fantasme du prince et de Cendrillon et que les filles se laissent embobiner par le grand jeu qu’on leur sort au tout début d’une relation. Une fois l’affaire concrétisée, c’est l’impact, le météorite qui s’écrase sur la terre et la pauvre Cendrillon qui se réveille dans ses haillons de ménagère. Pourquoi déformer la réalité ? Elle est très bien la réalité et toute relation devrait démarrer sur des bases réalistes. Je sais que les marocains sont devenus terrorisés à l’idée de se faire rouler par une fille matérialiste mais restez lucides les garçons, il y a encore des filles très bien, totalement désintéressées et qui méritent toutes vos attentions et toute votre galanterie. Et puis les filles, nous allons peut-être arrêter de rechercher un deuxième père, nous avons eu celui qui nous a été tiré au sort, l’idée maintenant c’est de choisir le bon compagnon de vie, nous n’avons besoin de personne pour nous entretenir, nous sommes capables de participer pour moitié aux charges de notre couple mais c’est vrai que ça nous fait tellement plaisir que notre homme ait des petits gestes, des attentions, des petits cadeaux, on aime ça parce qu’on est des femmes et pas des vampires matérialistes assoiffées de sang.
Mon troisième vœux c’est qu’on devienne libres dans nos têtes, vraiment libres, c’est-à-dire indépendants de toute influence extérieure au moment de nous faire notre idée sur quelque chose et que nos avis, nos positions, ne soient dictés que par ce qui nous semble vrai et juste et quand je dis nous, je parle de cette petite voix intérieure qui sait…parce que l’être humain en nous sait beaucoup de choses et bien que je passe une grande partie de mon temps à douter, scruter et remettre en question tout ce qui me tombe entre les mains, j’ai deux ou trois convictions dont celle-là et je pense que cette humanité en nous doit être écoutée parce qu’elle nous pousse à essayer de comprendre autrui, sans le juger, sans se sentir menacés par ses différences, toutes ses différences, nous sommes capables de les accepter et de les respecter, c’est la définition de l’amour. Imaginons un pays où on ne juge pas les gens, où chacun fait ce qu’il veut, pense et dit ce qu’il veut, porte ce qu’il veut, croit en ce qu’il veut, personnellement ça ne me dérange pas et au fond ça ne dérange personne. J’aimerais que ce pays soit le mien.
En fait j’en ai plein des vœux, ça va de la lutte contre les maladies infectieuses à la ressuscitation d’Otis Redding en passant par l’invention de cupcakes à zéro calorie mais je suppose que la liste de ce bon vieux Santa Claus est déjà passablement chargée alors je m’arrête à ces trois là en espérant qu’il ait le temps d’ici demain de les exaucer. Je vous embrasse bien fort, bonnes fêtes quelles que soient vos convictions religieuses (personnellement j’aime me rappeler que l’Islam reconnait Jésus Christ au même titre que tous les prophètes) et ne conduisez pas bourrés, ah mais non ça ne risque pas d’arriver puisque les marocains ne boivent pas d’alcool, les marocaines encore moins. Prenez soin de vous et à mardi prochain.
Ahlam Daoudi Chaieri

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