UNE DESPERATE HOUSE MAMAN!!

 

Himed est là planté devant moi :

Maman , mamannnnnn , répond moi , j’ai soif ,j’ai soif je te dis.

Il me saisit le visage avec ses deux mains pour avoir toute mon attention. A cet instant précis J’ai comme une envie irrépressible de reprendre la vie que j’ai donné à mon fils grrrr… Il y a une minute encore je lui avais proposé un verre d’eau qu’il a refusé .

La porte des toilettes est à moitié entrouverte, mon fils me voit la jupe abaissé aux mollets mais reste planté là devant moi , il ne sourcille pas .Je le repousse légèrement en lui indiquant la sortie

Sors de là , tu vois bien que maman est aux toilettes .Sors je te dis .

Oui mais moi j’ai soif , moi !!

Les yeux larmoyants il  me regarde à présent comme un meskin perdu dans le désert qui n’aurait pas bu durant quarante jours .

Ah c’est pas possible ça ! J’arrive c’est bon !!

Le stress m’a coupé l’envie , ils me font chier ces gosses….Je me rhabille rapidement et abreuve ce petit chameau qui pour bien mettre mes nerfs à rude épreuve boit une minusculissime gorgée d’eau. Il me tend le verre plein en rajoutant un :

Merci maman , j’avais trop soif.

J’entends les deux plus grandes Yasmine et Ines s’affubler de noms d’oiseaux .

– C’est toi la maboula !debordee

-Pfff tu sais même pas ce que ça veut dire , je vais le dire à maman !!!

Les deux furies en chœur descendent les marches dans un vacarme atroce, le pas lourd et décidé elles se défient l’une et  l’autre afin de bien marquer qu’elles sont  déterminées à avoir le dernier mot.

La cacophonie des deux est inaudible , le ton de leurs voix monte très vite ou chacune d’elles  tentent de couvrir les explications de l’autre . Je capte des bribes tel que , c’est elle, c’est pas moi, m’embête , menteuse, mes jouets, ma chambre…. Blasée par cette énième altercation, je décide de mettre fin rapidement à leurs revendications.

-Stop les filles on s’arrête , vous avez  deux solutions maintenant, soit vous vous mettez d’accord toutes les deux pour jouer ensemble dans le calme, soit vous vous mettez d’accord ensemble pour jouer toutes les deux. Qu’est-ce que vous préférez ?

Un léger silence de réflexion s’installe chez la plus petite .La plus grande avec un regard de défiance m’assène :

-Bah maman , ça veut dire la même chose c’est n’importe quoi !

-Oui c’est la même chose , en résumé vous avez pas le choix, si vous avez besoin de vous calmer j’ai le salon à ranger et la cuisine à nettoyer, c’est comme vous voulez.

Le raisonnement  vatrès vite dans leur petite tête , la cohabitation est de loin la meilleure manière de pouvoir échapper à la corvée de ménage. Elles tournent les talons avec un accord politique de haut sommet.

-Je te prête mes jouets si tu me laisses jouer dans ta chambre

-Ok c’est bon , d’accord.

Elles disparaissent aussi vite qu’elles sont venues tel un ouragan qui aurait dévasté le périmètre.

Himed me tire la jupe de nouveau. Et de sa petite voix fluette me demande :

-Tu peux jouer avec moi maman ?

Il me tend un transformer et son camion de pompier.Comment décliner son offre sans que ça vire à la supplication.

-J’ai pas le temps mon bébé , faut que je fasse à manger pour toi et tes sœurs, va jouer avec elles en haut.

-Mais elles m’ont dit qu’elles veulent pas jouer avec moi , que je suis trop petit et moi je suis tout seul.

Il affiche sa petite moue de rigueur pour bien apitoyer mon cœur de maman.

Je saisis son camion de pompier sans grande conviction et m’assoit au sol .

-Pimpon pimpon , vite y a le feu Himed , il faut qu’on aille l’éteindre, pimpon pimpon !

Je fais tournoyer le camion en lui faisant faire des dérapages.Mon fils me regarde avec des yeux ronds maintenant.

-Tu as vraiment une conduite dangereuse maman et tes bruitages sont nuls.

Il reprend possession de ses jouets.

-Je vais jouer tout seul , c’est mieux , vas faire à manger maman , j’ai faim.

Il me dit ça sans sourciller, me retire ses jouets des mains et vaque à ses jeux en m’ignorant, sans pitié pour sa génitrice.Les gosses sont impitoyables parfois , j’avais beau ne pas avoir envie de jouer , je suis  vexée par ses propos et rougit légèrement. Moi qui avait mis tant d’ardeur  à faire des bruitages plus vrais que nature pour l’amuser .

Des cris fusent de l’étage :

-C’est toi la rmalha!

-Pfff tu sais même pas ce que ça veut dire , je vais le dire à maman !!!

Les deux furies en chœur descendent les marches dans un vacarme atroce, le pas lourd et décidé elles se défient l’une et  l’autre afin de bien marquer qu’elles sont  déterminées à avoir le dernier mot.

J’ai l’impression étrange d’avoir déjà vécu cette scène. Ah non autant pour moi … je suis une mère de famille qui suis en pleine routine , rien à signaler sous le soleil.  Je retourne à mes fourneaux aussi surement que la journée est égale à elle-même , sous les cris des filles et les pimpons d’Himed.

CHRONIQUE DE LILA

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